La lutte contre Dieu…

Ce matin, en lisant une méditation fort intéressante du P. Richard Rhoar, une phrase m’a saisie… J’étais plutôt distrait dans ma lecture, me laissant submerger par la fatigue matinale et rêvant plus de mon lit et du confort de mon oreiller que de nourrir mon cerveau par de multiples paroles. Tout y était pour me distraire et je ne sais pourquoi je continuais de lire, comme si j’étais en lutte contre une partie de moi-même, mais voilà que la phrase suivante m’a littéralement bouleversée : je ne serai jamais sauvé parce que je suis bon… mais parce que Dieu est bon!

Wow! C’était en plein ce que je partageais avec des paroissiens et des confrères prêtres l’autre jour. C’est ce qui est écrit dans la Bible… c’est ce que l’Église a finalement reconnu en signant l’entente sur la justification par la foi en 1999. C’est-à-dire reconnaitre que je ne pourrai jamais mériter le ciel… Cette fameuse histoire de travailler à la sueur de son front pour gagner son ciel, n’était qu’une façon de nous faire retomber dans une formule mathématique de la grâce. C’est tellement plus rassurant pour les êtres calculateurs que nous sommes que de savoir que tant de prières, tant de messes, tant de bonnes actions, tant d’heures de travail me mériteront une place déterminée dans le ciel… mais de savoir que je n’ai qu’à croire au Fils de Dieu et de suivre ces commandements d’amour de Dieu et du prochain, et bien ça alors! Ça ne se peut pas! Il doit y avoir une pogne!

Ce serait l’équivalent d’un employeur qui dirait à ses employés : «je vous donne votre salaire et des primes chaque mois parce que je vous aime et ce peu importe si vous manquez des journées de travail et que vous n’êtes trop productifs ce mois-ci.» L’on finirait par croire qu’il y a une attrape. Et pourtant, combien sont les employeurs qui ont développé un cadre de travail «friendly» avec des heures de travail réduites, des pauses santé, des primes et des voyages de collègues de travail et qui voient la productivité augmenter!

N’est-ce pas comme cela que nous devrions nous sentir motiver? Plus je me sens aimé gratuitement de Dieu et plus je déborde de joie et d’amour pour mes frères et sœurs et plus je désire faire connaitre son amour… Autrement, nous risquons de devenir ces chrétiens prisonnier de leurs innombrables neuvaines, de leurs chapelets et de leurs comptes de messes et du nombre de leurs péchés qui vivent dans la peur constante du châtiment parce que dans le fonds ils ne sont justes pas capable de se laisser aimer.

Si Dieu est parfait, il n’est certainement pas calculateur… il peut être juste bien certainement puisque dans sa justice il respectera toujours notre liberté… mais il nous aime gratuitement et abondamment. Autrement pourquoi nous aurait-il envoyé son Fils? Vous doutez? Prenez le temps de lire toutes les lettres de Saint Paul… ça vaut la peine!

Laissons-nous aimer bondance!

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Nick